En bas de l’article environ 90 pages d’un livre qui n’est plus édité et est quasi introuvable. C’est une pépite dans le domaine de la glisse hors des frontières de la matière. Les versions anglaises sont par contre beaucop plus disponibles.

Quelques liens amazon:

Le Médecin de l’âme
Practical Astral Projection
How to Distinguish Between Dreams and Astral Projection

Yram est donc l’auteur des livres « Le médecin de l’âme » (Adyar, Paris, 1926 – épuisé et non réédité) et « L’évolution dans les mondes supérieurs » (Rééd. GVP Editions, Paris, 2000). Mais c’est exclusivement dans le premier de ces ouvrages cités qu’il expose sa méthode et les différentes techniques qu’il utilise. Il effectuait ses voyages vers 4/5 h du matin « après avoir bien dormi ». Il ne s’agit ici que d’un résumé très bref, car il est très riche en détails sur le contenu de ses nombreuses expériences, très hétéroclites. En aucun cas, ce résumé nous dispensera de la lecture de son livre captivant et éclairé. C’est plus un schéma général esquissé, qu’un résumé rigoureux au sens universitaire du terme… Avant de poster sa méthode, j’ai tenu à la tenter un certain temps pour mieux en parler, mieux la comprendre « de l’intérieur ». Elle est donc commentée au fur et à mesure pour être plus explicite.
Quelques citations:

“Les expériences décrites dans Le Médecin de l’Ame vous ont démontré que j’étais parvenu à l’expérimentation directe des Mondes invisibles. Quittant ma forme matérielle, j’ai pénétré dans la dimension suivante pour en examiner les conditions de vie. Après de nombreuses expériences, j’ai réussi à les discerner par l’usage. Mais au début, vous imaginez-vous la situation délicate dans laquelle je me trouvais ? Il ne suffit pas de se promener consciemment en dehors de son corps et d’en rapporter des observations. Faut-il encore en comprendre le mécanisme”. (p. 11)

“Une synthèse progressive commence à faire comprendre à l’être humain qu’il pourrait bien y avoir deux formes d’évolution qui se complètent : Evolution de la substance, évolution de la conscience. L’une descendante, plongeant dans les racines du Temps et de l’Espace. L’autre, montante vers les Sources de la vie supérieure. D’où conjonction dans la Conscience universelle. La Personnalité humaine, composée de substance évoluée à travers les formes, deviendrait l’Individualité spirituelle, le Nous conscient de son Unité de vie dans la Multiplicité des liaisons phénoménales”. (p. 13)

“Vous avez lu dans Le Médecin de l’Ame, la façon dont j’ai pris connaissance des particularités des Mondes invisibles. Laissant momentanément mon corps physique reposer de sa vie végétative, je me suis évadé consciemment dans les autres dimensions, en pleine possession de mes facultés et du système de sensations sur lequel s’établit nos jugements. Après avoir voyagé dans ma propre chambre, examiné des lieux, mon enveloppe matérielle, j’ai pénétré dans les autres centres d’activité, en abandonnant une partie des atomes liés au Temps et à l’Espace de la dimension où je me trouvais. C’est ainsi que j’ai pu passer à travers les murs, franchir un espace plus considérable dans un temps plus réduit, en observant les variations successives de la substance quintessenciée liée à chacun des états expérimentés. L’exposé des relations générales qui s’en dégagent vous a appris que la vie dans les Mondes supérieurs est liée au développement de nos connaissances, au discernement des Lois régissant les phénomènes dans les Mondes inférieurs, puis au discernement des Principes auxquels obéissent ces Lois”. (p. 46)

“Ce Monde est donc une copie parfaite du nôtre avec un Temps plus réduit”. (p. 47)

“Pour tout être vivant, l’Evolution morale représente le résultat équilibré de ses différentes périodes d’existence. Sans évolution morale, la brute et l’intellectuel sont des Etres dangereux pour la Société”. (p. 51)

“Sans un support énergétique, l’Unité n’aurait jamais pris conscience d’elle-même. (…) Matière et Esprit sont deux manifestations d’une même Unité consciente”. (p. 55)

“Puisque nous sommes en dehors du Temps et de l’Espace, il est facile de considérer le monde “avant l’Evolution” comme un état présent de la Conscience universelle. Dans cet état, l’Unité n’est comparable qu’avec Elle-même”. (p. 61)

“Une des erreurs les plus répandues sur terre a été de définir la vie matérielle comme la seule réalité. Si vous voulez comprendre l’accession définitive dans la Lumière éternelle, il faut chasser cette illusion”. (p. 67)

“On peut dire qu’une certaine sensation de Paix repose l’Ame, dans ces régions moyennes. C’est là que l’on rencontre ces organisations sociales que je vous ai exposées dans Le Médecin de l’Ame. Chacun vaque aux occupations dont il avait l’habitude et apprend ainsi à en discerner la différence d’exécution avec la vie terrestre. En se dirigeant vers les degrés supérieurs, la vie prend un caractère plus majestueux. Le faible idéal dont on a manifesté le désir va recevoir un commencement d’exécution. Chacun va en prendre conscience dans les manifestations de sa pensée. Celle-ci va créer exactement les formes et les nuances de l’idéal social, religieux et scientifique entrevu sur terre. La substance est plus dégagée de la pression d’éther. On se sent plus libre, meilleur. Une joie intime se manifeste ; un plus grand amour nous unit avec les Ames qui nous entourent. La rapidité d’exécution de la pensée est plus grande. Une synthèse de facultés procure une puissance d’action inconnue dans les degrés inférieurs. C’est vraiment une vie idéale telle qu’on se l’imagine sur terre. Retenons la caractéristique de ce Monde, sans laquelle il est impossible de pénétrer le suivant : La Loi morale, guide essentiel et obligatoire de l’Etre de Désir”. (p. 75)

“Lorsque l’être humain a franchi les derniers échelons de la troisième sphère, cette pression n’existe plus, il est “sauvé”. Toutes les restrictions dépendantes de la substance disparaissent complètement. Il entre dans le Plan divin. Quoique de nature différente, ce Monde contient les Essences de notre activité. On peut considérer la partie la plus accessible comme une supersphère composée d’Unités tridimensionnées, parfaitement équilibrées. On le nomme plan divin, parce que l’évolution de la Conscience est terminée. Tout être qui y pénètre est complètement dépouillé de toute attache avec la substance. Dans ce Monde, les points opposés de Matière et de Force sont unis. C’est pourquoi on peut le nommer Monde d’équilibre “Après l’Evolution”. C’est-à-dire Monde Parfait, en dehors de nos jugements habituels. Définir la vie dans cette supersphère, établir des comparaisons avec la nôtre, y juger l’état de nos facultés, en observer leur fonctionnement et leurs rapports avec notre sensibilité, sont autant d’impossibilités pour l’imagination”. (p. 82)

“Malgré l’impossibilité apparente d’une telle perfection divinisée de l’Ame humaine, chacun peut se rendre compte que je n’exprime pas une hypothèse probable. J’expose un Fait, observé consciemment, après un entraînement consécutif de douze années de dédoublement, dans les trois Mondes de notre système d’Evolution”. (p. 89)

“Je l’ai déjà dit dans Le Médecin de l’Ame et je le répète avec plaisir parce que c’est vrai, parce qu’il faut que l’on sache, sans aucun doute possible, que nous ne sommes pas abandonnés sur terre. Cette joie intime, ce contentement intérieur de retrouver son “chez soi”, sa maison, ses meubles, ses études familières, dans une atmosphère sympathique, dans une ambiance à laquelle on est accoutumé, cette satisfaction de se retrouver dans un réseau d’habitudes prises depuis longtemps, trouve son maximum d’extension dans le Monde divin”. (p. 93)

“La Conscience joue un rôle primordial dans l’Univers. Elle représente le seul élément stable et éternel, sans commencement ni fin”. (p. 95)

“Au milieu d’un beau ciel bleu, dans une direction oblique, j’aperçus vers le haut une maison entourée de nuages assez épais. Je commençais à me diriger de ce côté, lorsque je vis un être s’avançant à ma rencontre. Vêtu d’une sorte de manteau pèlerine dont la teinte grise ne m’inspirait pas confiance, je continuai cependant ma route avec lui. Bientôt, je me retrouvai au milieu d’une ville, poursuivi par des hommes habillés en noir. Passant à travers les formes ainsi créées, je me réfugiai de maison en maison et finalement, je me retrouvai enfermé dans une sorte de caveau, sans aucune issue. Mentalement, j’appelais mon Guide. Immédiatement, je fus débarrassé des formes créées par ces gens”. (p. 103-104)

“Je fus dédoublé par un tourbillon qui m’entraîna vers une direction inconnue. Aussitôt conscient des prérogatives de cet état, j’essayai de me placer debout dans le courant magnétique qui me transportait. J’y parvins, non sans effort, lorsque, à ma grande surprise, je vis un individu s’avancer vers moi, d’un air menaçant, et m’acculer dans l’angle d’un cube, fermé de toute part, dont il venait de créer l’image. Très conscient de moi-même, sans aucun voile de rêve, j’éprouvai sur-le-champ, une émotion bien naturelle. Ce sentiment de crainte ne fut qu’un éclair vite dissipé. Reprenant confiance, je restai debout, adossé contre l’obstacle infranchissable qui venait d’être créé et, souriant, les bras croisés, j’attendis mon ennemi de pied ferme. Sans un mot, sans un geste, je le laissai approcher et lorsque, arrivé près de moi, il leva le bras pour me frapper, j’invoquai mentalement mes Protecteurs. Immobile, le bras levé, il n’avait pas achevé son geste, mais conservait son attitude menaçante. Enfin, il eut un léger recul, s’arrêta, recula de nouveau, lentement d’abord, puis plus vite et je le fis disparaître définitivement, en pointant l’index et le majeur de la main droite dans sa direction. (…) Le courant magnétique reprit son cours. (…) Il est utile d’ajouter qu’à l’époque de cette expérience, j’avais dix-huit mois d’entraînement. Indépendamment des images, des formes créées par des êtres malfaisants, l’influence qui les entoure est nettement significative. Ainsi, dans le premier exemple, l’influence mauvaise des gens qui m’entouraient me parvenait sous la sensation d’une vague invisible électromagnétique d’une résistance extraordinaire. Quoique ne se voyant pas, c’était un véritable mur d’énergie, d’une puissance considérable. Cette perception peut être utile dans certaines circonstances où l’on peut avoir affaire à des intelligences plus avancées mais déséquilibrées”. (p. 106-108)

“Le but général des forces adverses est d’entraver les expériences. Ce sont donc des images tendant à enfermer l’expérimentateur dans l’espace, ou à lui soutirer son énergie vitale. Les premières sont multiples : barrières, boyaux très étroits, intérieur d’un cube, cage, toutes aboutissant au même résultat. L’image d’isolants tels que la graisse, le verre sont aussi utilisés” (p. 109)

“Le Monde divin ne comprend donc ni désir, ni sentiment, ni aucune des idées en usage dans les Mondes limités par le temps. Il représente l’Essence de tout ce qui existe. Essence des formes, Essence de la substance, Essence de l’énergie ; ses caractéristiques sont : l’Ordre, l’Harmonie, l’Equilibre, le Pur Amour. Quelles que soient les réalisations relatives de notre système d’Evolution, aussi infimes soient-elles, les Constantes du Plan divin en représentent le fonctionnement régulier”. (p. 231)

“La Conscience de l’Unité, ressentie instinctivement par tous les Etres humains, définit le caractère spirituel du lien qui l’attache avec cet Hors-Plan que nous analysons. C’est Elle qui caractérise l’Individualité. Avec Elle, tout existe ; tout est susceptible de se manifester, de vivre. Sans Elle, ce n’est ni le chaos, ni le néant, ni la vie, ni la mort, mais seulement : l’Inexistance. De toute éternité, l’Esprit a existé. Il sera éternellement. Il Est dans l’éternité”. (p. 233)

“Les Traditions ont donné à cette Source vierge éternelle du Non-manifesté d’où émane sans cesse de nouveaux Dieux, le doux Nom de “Père”. Ce mot Père n’indique pas nécessairement un Etre, mais plus justement une Source. Source de Lumière, Source de Vie, Source d’Amour, Source d’Harmonie, d’où émanent tous les Germes, toutes les Potentialités”. (p. 243)

“A mesure que l’Esprit rayonne dans nos véhicules, on sent d’une façon plus intime ce caractère fondamental d’Unité-Multiplicité”. (p. 276)

“Le point essentiel et définitif sur lequel j’insiste encore une fois, est la Simplicité naturelle de cette Essence qui est devenue Nous-même”. (p. 284)

Les 5 phases principales :

1. Détente nerveuse et musculaire du corps physique
2. Respiration rythmée
3. Absorption des ondes spatiales
4. Concentration ferme d’élévation dans le vortex créé
5. Vide mental (« isolement », « entrée dans le silence », « attente »)

Projection.

Donc 5 phases bien distinctes et nécessaires chacune dans leur apport respectif et successif, du moins pour un apprentissage. Ce qui est important de comprendre, c’est que lors de la première phase, le corps physique doit être anesthésié, abandonné à lui-même, comme un corps étranger, ceci afin d’être réceptif à des sensations d’une autre nature, d’un autre plan, plus subtil. Même si par la suite, le corps physique peut être éveillé, et même en mouvement, pendant une projection. C’est juste l’instauration d’une mémoire du processus qui ensuite ne nécessite plus toutes ces phases successives : « Il n’est point nécessaire d’acquérir une maîtrise absolue de tous ces exercices. L’habitude du dédoublement les simplifie en partie et l’on parvient même à s’en dispenser ». Le corps astral pouvant se dédoubler pendant que le corps physique marche : « Ainsi, il m’est arrivé d’être debout, dédoublé dans ma chambre, dans l’instant même où je fermais les paupières et sans aucune sensation particulière. Une telle rapidité est extraordinaire ». Yram décrit de nombreux expériences de ce genre (qui sont tout de même dangereuses car elles apportent un déséquilibre dans le corps physique, du fait que les sensations sont faussées. Il a failli ainsi se faire renverser en descendant d’un tramway car il ne sentait plus le sol ferme sous ses pieds).

2. La respiration rythmée doit être profonde (du genre 6/9/6, pas en dessous car c’est un seuil minimum) et approfondie (jusqu’à l’obtention d’un état modifié de conscience). Alors les sensations provoquées sont « l’élasticité des membres du corps astral ». On dirait que soudain les doigts sont longs et en caoutchouc, on peut les bouger, ils se tordent dans des sens incongrus, improbables, et il en va de même pour les bras, la posture du corps, etc. Si cette phase est bien menée, le corps astral est déjà ressenti. Cette respiration doit être ventrale (et non pas exclusivement pulmonaire) sans quoi les temps de rétention seront trop minimes. Puis progressivement on peut transformer le 6/9/6 en 6/9/6/9, c’est-à-dire en ajoutant une phase de rétention longue après l’expiration. Puis on peut revenir à un souffle qui devient naturellement court. « Ce qui caractérise l’ensemble des phénomènes de cette catégorie, est la préparation au travail qui va s’effectuer par la mise en activité d’une faculté sensitive ».

3. Yram insiste beaucoup sur la nécessité de s’éduquer aux ressentis des ondes, des vibrations de notre environnement : « On chasse toute pensée et l’on se trouve en d’excellentes conditions réceptives pour discerner immédiatement la vibration la plus faible provenant des autres dimensions de l’espace. Il ne faut pas s’endormir, ni être quelques secondes avant de prendre contact avec la réalité. Aussitôt qu’une oscillation, aussi faible soit-elle, affecte l’une de vos formes, vous devez « aussitôt » prendre conscience de vous-même. Sans bouger, sans faire un mouvement, toute votre attention doit être fixée sur les sensations (…) Il vaut mieux recommencer cinquante fois si c’est nécessaire pour écrire ses observations… ».

J’ai remarqué que ces sensations de vibrations viennent assez aisément si l’on cherche à les aspirer dans son corps énergétique. Ce n’est donc pas une attente passive, mais un processus déclenché dans l’attente active bien que décrispée, toujours dans le lâcher-prise mental. Donc on aspire par derrière soi et devant soi, l’espace environnant à la recherche de ces vibrations si spécifiques à la projection consciente. Alors on les sent monter en puissance progressivement comme si on les « tirait à soi ». Notre état de conscience étant déjà modifié, on ressent que ces ondes sont tirées dans le volume gigantesque de nos ressentis, le « corps astral » devenant souple, étendu, vaste. Autrement dit, la séparation corps énergétique/environnement n’est plus distincte dans cet état modifié de conscience. D’où la nécessité de la respiration rythmique au préalable pour « assouplir » les sensations du corps astral (pour le débutant du moins).

4. Cette phase ressemble beaucoup aux injonctions fermes de Chrys Monroe et William Buhlman car Yram souligne la nécessité d’une concentration absolue et maintenue (donc sans pensées parasites). Il ne précise pas comment il fabrique son tourbillon (vortex qui aspire le corps astral) mais on sait à quel point il est facile de créer une vaste forme-pensée tourbillonnante en dynamisant les chakras supérieurs tels que le frontal et le coronal. A force de pratiquer, le vortex n’est plus imaginé mais perçu, installé d’emblée (par la vision mentale intérieure). Pour dynamiser les chakras supérieurs, on expire mentalement par le chakra en visualisant des spirales tournant dans le sens horaire pour les hommes, anti-horaire pour les femmes. Mais il faut auparavant sentir le chakra en soi-même (dans le front et dans le crâne, à son sommet). Placer son « point mobile de conscience » dans la glande pinéale, par exemple, aide beaucoup à ressentir ces spirales des chakras supérieurs avant la délimitation du corps physique/environnement. Donc les spirales naissent déjà avant la surface de la peau.

Ensuite, il suffit d’élargir progressivement le diamètre du vortex par la pensée créatrice (génération d’une forme-pensée par les exercices répétés). « On a la sensation d’être aspiré violemment par une sorte de trombe et aussitôt l’on prend un contact conscient avec la substance des autres mondes ». « Dans les cas les plus fréquents, le dégagement par tourbillon n’est accompagné d’aucune vision ou sensation. L’on est seulement transporté dans un vent d’éther, à une vitesse variable, vers un but que l’on ignore. Aussi faut-il se tenir prêt à toute éventualité. Lorsque l’on est emporté par ce courant magnétique, l’on a l’impression d’une vitesse effroyable. Un vent de tempête vous souffle aux oreilles. L’on croirait se déplacer dans l’atmosphère terrestre à une vitesse inappréciable. A plusieurs reprises, j’ai constaté la présence d’un sillage lumineux, laissé par mon double dans ce vent d’éther ». Il semble d’après ses nombreux récits, qu’il soit aspiré « dans l’œil du cyclone ». Ce n’est donc pas une sortie en subissant les spirales mais en profitant de leur force centrifuge ascensionnelle.

Hormis « le tourbillon », pour varier un peu et parce qu’il faut aussi laisser faire les choses qui surgissent devant soi, sans qu’on s’y attende nécessairement, Yram utilise également des ouvertures dans l’espace : «Cela peut être l’image d’une fenêtre, d’une porte, vous donnant l’idée de passage dans un autre domaine. C’est aussi une lueur, une figure géométrique, un espace clair au milieu des nuages, provoquant le même désir ».

En pratiquant cette méthode à de multiples reprises, j’ai vu une fois une mince croix blanche apparaître dans mon écran mental (ou un signe +, exactement comme des phosphènes bien que cette croix était immobile) et en me concentrant au centre de cette croix, j’ai ressenti immédiatement les ondes motrices, les vibrations démarrer leur processus. Ceci pour illustrer la figure géométrique dont il parle.

5. Le vide mental est une technique connue des dédoublements (il est notamment mentionné dans la vaste encyclopédie de Waldo Viera), probablement parce qu’il constitue « la volonté passive » qu’expose en détail Sylvan Muldoon (dans son livre La projection du corps astral). Le subconscient gérant le processus du dédoublement, le vide mental donne, passe le relais du conscient au subconscient. Il n’est pas nécessaire d’établir un vide mental parfait mais approximatif. En revanche, il est essentiel de faire durer ce vide mental approximatif. Le faire pendant les phases de rétention du souffle aide considérablement à l’établir. Il suffit ensuite « d’accrocher », de maintenir ce vide, pendant les autres cycles respiratoires. Avec un peu d’entraînement, en se laissant aller, le vide mental parvient à décupler les effets des phases précédentes.

Voici pour les techniques proprement dites. A présent, il ne s’agit plus de techniques mais de modes opératoires. Yram préconise l’instauration authentique d’une bonté, d’un élan altruiste. En effet, il a constaté que chaque plan dimensionnel est couplé aux ondes des pensées. Donc une âme égoïste ne peut pas atteindre des plans très subtils. Son avidité va la maintenir dans des plans formels, la cristalliser sur la matière dense. La clé du passage dans les plans supérieurs est donc une « propédeutique » (terme philosophique signifiant un travail sur soi préliminaire). D’ailleurs, il décrit chaque passage d’un plan à un autre, comme une « mort symbolique », Yram devant appréhender la vie sous un angle plus désintéressé, s’ouvrir à l’universalité des sentiments et à la compréhension de ces lois universelles.

Cet auteur n’a pas de culture philosophique particulière mais ce qu’il décrit ressemble beaucoup aux Fondements de la métaphysique des moeurs de Kant. A savoir que, selon Kant, la véritable métaphysique est morale : non pas la loi subjective d’une culture circonstanciée dans l’espace et le temps, mais des maximes de sagesse qui mises en pratique sont souhaitables pour tous, communément. Ce serait un peu la maxime : « Agis comme tu aimerais que les autres agissent envers toi-même, envers la nature, le monde, etc. ». Et selon les termes kantiens : « en d’autres termes, je dois toujours me conduire de telle sorte que je puisse aussi vouloir que ma maxime devienne une loi universelle ». Selon Yram, la véritable métaphysique est morale en ce même sens spécifique : non pas la morale humaine (la loi du Talion, les lois d’une cité, etc.), mais la morale des nobles pensées, des nobles sentiments, des nobles aspirations collectives, et cela en accord avec la logique « physique » des plans, c’est-à-dire en accord avec les lois qui gouvernent ces densités des plans/fréquences. « Les obstacles du monde invisible proviennent donc de l’infériorité relative de nos aspirations ». « Comme l’être humain ne peut changer de dimension sans s’être dépouillé au préalable des attractions plus inférieures, il s’ensuit que chacun reçoit exactement la puissance due à son évolution ». « Le principe moral est là, sans aucun doute, il fait corps avec la conscience, avec l’état oscillant de l’éther dans lequel on exerce ses pouvoirs. N’avoir que des idées positives, des désirs positifs, ne s’entourer que d’affections positives, telle est la morale de l’Evolution. Se rendre positif vis-à-vis de nous-même, être positif par rapport aux gens qui nous entourent, par rapport à la nature, à la substance dans laquelle nous vivons, résument le moyen le plus rapide de vivre dans les dimensions supérieures de l’éther ».

Yram semble (en 1926) ne pas connaître non plus la pensée bouddhiste. C’est assez troublant de constater qu’il découvre exactement les mêmes lois sur le non attachement… Par ailleurs, il décrit les mêmes brumes à la frontière des plans que William Buhlman, fait le même constat que lui au sujet des guides présents, etc. Son livre dégage une authenticité vécue certaine (et on ne peut le suspecter d’avoir copié quiconque dans ses récits étant donné la date de publication…). On est très loin du récit romancé ou romanesque, et beaucoup plus proche d’une tentative d’élucidation de ce phénomène fascinant du dédoublement.

A l’adresse des impatients : « Le phénomène ne s’accomplit pas toujours immédiatement. L’on reste parfois une heure ou deux dans un état d’énervement spécial. Les conditions d’équilibre du corps physique, l’organisation des facultés psychologiques, les variations atmosphériques, chaleur, humidité, sécheresse, sont autant de facteurs à considérer. Toutes les vibrations, de quelque nature qu’elles soient, son, lumière, électricité, radiations des corps, exercent leur influence sur la production du phénomène. Il faut donc s’attendre aux sensations les plus contradictoires, jusqu’au jour où nous aurons déterminé les vibrations favorables à la manifestation du phénomène ».

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Le médecin de l’âme – livre à télécharger
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