Le samouraï et le maître du thé -Histoire racontée-
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Lorsque l’on parle contes, il est d’usage de penser aux contes merveilleux de notre enfance. Ces contes merveilleux respectent une certaine structure qu’il est certes très intéressante d’utiliser dans la construction de contes métaphoriques, qui sont catalyseurs de changement.

En principe, on retrouve les mêmes caractéristiques chez les héros des contes traditionnels d’autrefois. Le héros ou le prince reçoit un ordre de mission du roi, mission qui permettra au héros de sauver le royaume. Le héros ou le prince va rencontrer trois personnages, qui vont l’aider à affronter trois épreuves. A chacune des épreuves, le héros ou le prince ne devra ni se retourner, ni revenir sur ses pas, s’il souhaite voir son objectif atteint. Mais ce n’est qu’à la troisième épreuve qu’il réussira à accomplir sa mission sans faillir. A la fin de l’histoire, il délivrera une belle princesse du haut de sa tour inaccessible, il l’épousera… et… tout est bien qui finit bien.

Autrefois, on racontait ces contes merveilleux aux enfants afin de les aider à s’endormir. Il est vrai que les Inuits considéraient qu’un excellent conteur était capable de raconter une histoire si longue, que toute l’assistance devait s’endormir. Et l’on raconte même, que ceux qui étaient considérés comme les meilleurs des conteurs, étaient capables de raconter des histoires qui duraient trois jours. Il est vrai aussi que le conte est un accès vers l’imaginaire, qui permet de mettre en veille le conscient, afin d’accéder à l’inconscient, qui est le gardien des rêves nocturnes et des mémoires individuelles et collectives. Mais l’objectif du conte métaphorique est avant tout de permettre à l’enfant ou à l’adulte, à qui le conte est destiné, d’être en résonance avec les sensations, les images, les sons que l’histoire suggère, car le conte ne doit jamais imposer mais suggérer. Dans la médecine traditionnelle hindoue, nous raconte Bettelheim (1976), il était d’usage de soumettre à la méditation des personnes psychiquement désorientées un conte de fées mettant en scène leur problème particulier. En contemplant l’histoire, pensait-on, le sujet devait être amené à prendre conscience à la fois de la nature de l’impasse où sa vie s’était fourvoyée et de la possibilité de trouver une solution. Les vertus thérapeutiques du conte de fées, nous dit-il, viennent de ce que le patient trouve ses propres solutions en méditant ce que l’histoire donne à entendre sur lui-même et sur ses conflits internes à un moment précis de sa vie.

Pour que le processus intervienne, le praticien doit lui même rentrer en résonance avec l’imaginaire de son auditeur, afin de pouvoir créer ou adapter une histoire qui aura du sens pour cet auditeur et qui l’invitera à modifier de lui même sa propre histoire de vie. Cependant, le choix de l’histoire ne s’effectue pas en fonction de données propres à la psychanalyse, mais en fonction de l’émotion que cette histoire provoquera chez l’auditeur. Et cette émotion sera d’autant plus forte dès lors que l’histoire sera racontée sous hypnose.


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Ainsi, sans le triangle de résonance conteur/auditeur, auditeur/ imaginaire, imaginaire/conteur, l’alchimie du conte métaphorique ne peut avoir lieu. Un conte métaphorique n’a de valeur que si le conteur ou praticien, à l’aide des outils dont il dispose, accède à l’inconscient de son auditeur, afin de conter une histoire, qui permettra à ce même auditeur d’être lui même en connexion avec ses mémoires individuelles et collectives. Mémoires grâce auxquelles le praticien conteur pourra construire au fil de la séance la structure de l’histoire, qui conduira son auditeur vers un mieux être et l’aidera à trouver sa solution.

La façon dont l’histoire est contée a aussi son importance. Ceci est particulièrement vrai pour les enfants, qui atteignent facilement un état de conscience modifié, par le biais du récit ou du jeu, mais qui ont pour la plupart d’entre eux, l’habitude d’entendre des histoires racontées dans les bibliothèques. Et bien que le conteur praticien n’ait pas besoin de réaliser une performance artistique dans le cas de contes métaphoriques, il importe qu’il respecte au minimum la façon de conter d’un conteur et pas seulement celle d’un praticien en hypnose éricksonienne. L’émotion provoquée chez l’auditeur est d’autant plus renforcée que le praticien conteur respecte les différentes nuances de voix et d’intonation qui permettent de maintenir suffisamment l’attention.
D’ailleurs, et bien que son objectif soit différent, un excellent conteur peut provoquer tout autant d’émotion auprès d’un public de spectateurs (émotion sans laquelle le changement ne peut avoir lieu) qu’un praticien en hypnose en consultation.

Si les contes traditionnels font appel à l’inconscient collectif, ils ont évolué au fil des siècles, mais il subsiste toujours un lien entre les héros de ces contes et les héros des films ou bandes dessinées fantastiques et aussi des séries TV. Ainsi les personnages de la célèbre saga de la mythologie scandinave, “l’anneau des Nibelungen”, ont inspiré bien des artistes de tout temps et ont même donné naissance aux superhéros de l’univers de “Marvel”. Dans ce cas, le destin de l’humanité n’est plus lié au bon vouloir des dieux créateurs, mais est entre les mains des superhéros et des mutants. Si le dieu viking “Thor” est devenu un personnage qui évolue entre les immeubles d’affaire newyorkais et le Walhala, il reste éternellement le gardien du pont arc en ciel, qui permet de passer facilement du monde terrestre au monde des dieux, donc du conscient à l’inconscient ou du monde réel au monde imaginaire. Et “Siegfried” combattait le dragon à l’instar des héros des films à succès, qui doivent combattre des dangers souvent mortels et vaincre les méchants.

Dans l’univers Disney, par exemple, on rencontre toujours des histoires de princes et de princesses. Ces histoires sont toujours appréciées des petites filles, mais aujourd’hui ce sont les princesses qui sauvent les princes. Le film d’animation “Raiponce” témoigne de cette inversion des rôles des héros.
Quant aux histoires de ravissantes sorcières sexy, elles font les délices des adolescentes d’aujourd’hui. Et si nous sommes loin des histoires romantiques qui berçaient les nuits des jeunes filles d’antan, dans les deux cas l’héroïne s’extirpe de situations inextricables et le récit se termine presque toujours par une belle histoire d’amour.

Les histoires métaphoriques sont un des outils singuliers de l’hypnose d’inspiration éricksonienne. Contournant les résistances de la conscience, elles invitent le patient à appréhender sa difficulté sous une nouvelle perspective. La métaphore nous aide à conceptualiser ce qui ne peut pas être compris par la désignation : les sentiments, la conscience (Lakoff & Johnson 1999), elle procède par images en référant/proférant (à) des réalités concrètes (Melchior, 1998).

Dans les contes de fées, les processus internes de l’individu sont extériorisés et deviennent compréhensibles parce qu’ils sont représentés par les personnages et les événements de l’histoire. Le conte de fées, ne nous dit jamais quel doit être notre choix, il nous convainc par l’appel qu’il lance à notre imagination et par l’enchaînement séduisant des événements qui nous sollicitent.

Les contes sont un retour à l’émerveillement, lorsqu’ils sont racontés sous hypnose, ils permettent de lâcher prise et d’accéder à notre immense sagesse contenue dans notre mémoire ancestrale.

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